Jusqu’à quand la Nature peut-elle nous nourrir ?

Intervention de M. Houssine Nibani, président de l’association AGIR
« La Nature peut-elle nous nourrir ? »

La question de la capacité de la Terre à nourrir l’humanité est souvent soulevée. Le rapport de la FAO de l’an 2000, stipule qu’au stade atteint par les moyens de production agricole, la terre peut nourrir jusqu’a 12 milliards d’êtres humains. Un chercheur américain (René Revelle) a même démontré par les calculs que la Terre peut nourrir 50 Milliards de personnes !.

La situation réelle est toue autre : La population mondiale n’est que de 7 Milliards de personnes et pourtant près d’un milliard d’êtres humains souffrent de malnutrition, et environ 100.000 personnes meurent de faim chaque année.

On ne peut s’empêcher de conclure que le mode de production et de consommation alimentaire actuel n’est pas viable et qu’on doit le réajuster. Ce réajustement s’impose d’autant plus qu’on doit se préparer dès maintenant à nourrir les 9 Milliards attendus en 2050.

Une série de questions se posent :
– Comment éviter les différentes formes de surexploitation des terres et des mers ?
– Comment éviter les pratiques qui dégradent la qualité des sols et des eaux ?
– Comment réduire les émissions de Gaz à effets de serres qui représentent pas moins de 20% ?
– Comment améliorer les rendements agricoles d’une manière propre et durable ?
– Comment optimiser l’utilisation des facteurs de production en fonction des différents écosystèmes ?
– Comment enrayer l’expansion des terres agricoles aux dépens des forêts qui limitent l’avancée de la désertification ?
– Comment éviter la perte, entre le champ et le consommateur des 30 à 60 % de la nouriture produite.
– Peut-on envisager la consommation humaine directe, en évitant le relai de l’élevage qui mobilise le tiers de terres arables et 60% des céréales produites ?
– Doit-on éviter l’affectation des terres agricoles pour la production des biocarburants ?
Ces questions laissent clairement apparaitre que la crise alimentaire et la faim dans le monde n’est pas une fatalité et peuvent être évitées. Elles résultent plutôt du modèle de production et de consommation et de choix économiques.

Pour que la Nature puisse nous nourrir, le monde doit s’acheminer vers un modèle reposant sur i/ L’intégration de la conservation de la biodiversité dans l’agriculture, la pêche et l’élevage;(ii/ Le rejet de la concentration agricole et de la privatisation du vivant ;(iii/ La récupération de la souveraineté alimentaire des populations locales sur leurs territoires et la valorisation de leur savoir faire etc….

Les idées développées au congrès 2012 de l’UICN, en faveur de la sécurité alimentaire, ont été assez riches et peuvent inspirer une meilleure adaptation de notre modèle national à un mode plus respectueux de l’environnement et plus durable.

%d blogueurs aiment cette page :