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Nouvel échouage d’une baleine de Cuvier à Al Hoceima : simple coïncidence ou signal d’alerte ?

February 10, 2025

Nouvel échouage d’une baleine de Cuvier à Al Hoceima : simple coïncidence ou signal d’alerte ?

Le 9 février 2025, une baleine de Cuvier (Ziphius cavirostris), également connue sous le nom de baleine à bec d’oie, s’est échouée sur la côte d’Al Hoceima. Ce triste événement rappelle un épisode similaire survenu en mars 2017, lorsqu’un individu de la même espèce s’était échoué sur la plage de Torres, à une soixantaine de kilomètres de la ville. La récurrence de ces échouages interroge : s’agit-il d’une pure coïncidence ou d’un phénomène sous-jacent alarmant ?

Une espèce rarement observée

La baleine de Cuvier est un cétacé très discret, vivant dans les grandes profondeurs marines, en particulier en Méditerranée. Cet animal peut plonger à plus de 2 000 mètres et rester en apnée pendant plusieurs heures. En raison de son mode de vie pélagique et profond, il est rarement observé en surface, sauf lorsqu’il remonte pour respirer. Son échouage sur des zones côtières interroge donc sur les causes potentielles de ce comportement anormal.

Des causes potentielles à ces échouages

L’échouage des baleines à bec de Cuvier est souvent associé à des perturbations d’origine humaine, en particulier la pollution sonore sous-marine. Les sonars militaires, les activités sismiques et les explorations pétrolières sont connus pour perturber leur système d’écholocation, les désorientant et les poussant à remonter trop rapidement à la surface, ce qui peut provoquer des embolies gazeuses comparables à celles des plongeurs humains.

Les protocoles de protection des mammifères marins pélagiques, destinés à limiter l’impact des activités sismiques, sont difficilement applicables à cette espèce qui vit dans les profondeurs. Leur habitat éloigné des zones de surveillance rend complexe la mise en place de mesures efficaces pour limiter leur exposition aux nuisances sonores d’origine anthropique.

D’autres hypothèses incluent des maladies, des infections parasitaires, des collisions avec des navires ou encore des variations environnementales liées au changement climatique, qui pourraient modifier leurs zones d’alimentation et les contraindre à explorer des régions inhabituelles.

Comparaison avec d’autres échouages en Méditerranée

L’échouage des baleines de Cuvier n’est pas un phénomène isolé. Plusieurs cas similaires ont été enregistrés en Méditerranée ces dernières années. En 2019, plusieurs individus se sont échoués sur les côtes italiennes et espagnoles, souvent après des exercices navals impliquant des sonars actifs. En 2021, une augmentation des échouages a été constatée sur les côtes grecques et turques, soulevant les mêmes inquiétudes quant aux activités humaines en mer.

Le fait que deux échouages successifs aient eu lieu à Al Hoceima en moins de dix ans pose question. Une analyse approfondie des facteurs environnementaux, des activités humaines locales et des données sur la pollution sonore dans la mer d’Alboran, pourrait apporter des éléments de réponse.

Une nécessité de surveillance et de recherche

Face à cette situation, il est essentiel de renforcer la surveillance des populations de cétacés en Méditerranée et d’étudier plus en profondeur les causes des échouages. Une meilleure réglementation de l’utilisation des sonars militaires et des explorations sismiques, ainsi qu’une augmentation des initiatives de conservation, pourraient contribuer à réduire ces incidents.

L’échouage répété de la baleine de Cuvier à Al Hoceima est-il un signal d’alarme sur l’impact des activités humaines en Méditerranée ? Une question qui mérite toute notre attention et qui nécessite des investigations approfondies pour mieux comprendre et protéger ces espèces fascinantes.